Les îles Féroé furent vraissemblablement connues des
moines irlandais dès 500.
De 700 à 800 environ, des ermites venus d'Ecosse s'y installèrent,
mais ils les abandonnèrent au début du IXe siècle.
Selon les sources écrites de l'histoire la plus ancienne des
îles Féroé, l'archipel fut habité par des fermiers Vikings au début
du IXe siècle.
Dès lors, les îles devinrent un relais maritime pratique reliant
les routes entre la Scandinavie et les colonies vikings d'Islande,
du Groenland, et, pour une brève durée, d'Amérique du Nord.
Les habitants actuels des Féroé sont donc des descendants d'immigrants norvégiens, qui
avaient eux-mêmes remplacé une petite population d'origine écossaise et irlandaise.
Selon la Saga des Féroïens, écrite par un islandais, le
premier Viking qui y aborda était un certain Grímr Kamban : "Il y avait un homme du nom de Grímr Kamban ;
il fut le premier à s'établir aux îles Féroé.
Du temps de Harald aux beaux cheveux, nombreux furent ceux qui fuirent la tyrannie de ce roi :
certains gagnèrent les Féroé et s'y installèrent, d'autres se réfugièrent en d'autres régions inhabitées.
Aude la Sagace se rendit en Islande et fit escale aux Féroé
où elle maria Olöf, la fille de Thorsteinn le Rouge.
De là est issue la plus grande famille féroïenne,
celle qu'on appelle les "gens de Gata" et qui s'établit sur Austrey." (chapitre 1).
Son surnom celtique suggère qu'il avait auparavant séjourné en
Irlande ou dans l'archipel des Hébrides.
Il bâtit sa ferme dans la baie abritée du Funningsfjördur.
La plupart des colons sont vraisemblablement originaires de l'ouest de la Norvège,
notamment des provinces du Sogn, du Rogaland et des Agder.
Les îles devinrent un relais maritime pratique reliant les
routes entre la Scandinavie et les colonies vikings d'Islande et du Groenland.
Les celtes auraient introduit des moutons puisque, lors de la colonisation viking,
les îles furent appelées Féroé soit "l'île aux moutons".
Peu de sources historiques existent quant à l'origine des premiers colons.
825 :
Début de la colonisation.
Le moine Dicuil, dans un ouvrage latin daté de 825, Le Livre de la mesure de la terre,
évoque les Féroé lorsqu'il dit :
"Il y a de nombreuses îles au nord de Britannia qui peuvent
être atteintes en deux journées de navigation directe avec un vent favorable. [...]
Ce sont surtout de petites îles presque toutes séparées par d'étroits canaux et,
sur ces îles, des ermites qui ont navigué au départ de notre Irlande vivent depuis cent ans."
Les Vikings chassent des Îles Féroé les ermites irlandais.
Ce même texte nous apprend peu après qu'elles sont inhabitées à cause des pirates vikings.
La toponymie conforte cette probabilité d'une présence des
anachorètes irlandais à travers quelques noms de lieux.
Brandarsvík, la baie de Brendan, au sud de Stremoy et Vestmanna,
port au nord-ouest, au même titre que les îles Vestmann en Islande feraient référence
au voyage du moine saint Brendan,
et dans le second cas à une occupation des "hommes de l'ouest",
nom donné par les Vikings
aux habitants de l'Irlande.
Le climat de type océanique froid, le relief escarpé et le
manque de terres arables n'étaient guère propice à l'agriculture.
Les nouveaux arrivants développèrent l'élevage du mouton
qui resta le revenu principal de l'économie féroïenne jusqu'au XIXe siècle.
pour profiter des pâturages de montagnes, les insulaires
menaient leurs troupeaux dans les ærgi (pâtures) pour les mois d'été.
Quelques familles aristocratiques semblent avoir pris possession des terres et les auraient
ensuite partagées entre leurs descendants.
860 :
Arrivée du Suédois Gardar Svavarsson, dérouté en voulant se rendre aux Hébrides.
Il débarqua à Horn, dans l'est, effectua le tour de l'île en bateau,
puis hiverna dans le nord, à Húsavík.
Trouvant cette terre accueillante, il lui donna son nom,
Gardarshólmr (îlot de Gardarr).
Le Norvégien Naddodr, qui se rendait aux Féroé,
fut à son tour dévié de sa course vers l'Islande et accosta dans la région des fjords de l'est.
L'originalité principale des établissements féroïens réside dans le fait qu'ils
représentent les seules extensions durables de l'aire scandinave héritées de l'expansion viking.
Les colons conservèrent leur identité, celle des fjords de l'ouest de la Norvège,
sur les dialectes la langue féroïenne s'est formée.
Jusqu'en 895, la colonisation fut supervisée personnellement par les rois de Norvège.
Si les Vikings connaissaient l'existence de l'Islande par des témoignages irlandais
- plus tard, les colons retrouvèrent des crosses, des livres
et autres traces de la présence de moines -,
les premiers Scandinaves n'y arrivèrent que par hasard.
930 :
Les "landnamsmoend", terme venu du vieux norrois, signifiant "hommes qui prennent possession des terres",
fondèrent un territoire indépendant
qui se dota rapidement du Lögting (lieu où étaient rédigées les lois et où la justice était rendue),
composé de gens libres, au cap Tinganes ou "cap de l'Assemblée", futur noyau de Tórshavn et aujourd'hui lieu d'arrivée du ferry.
Cette assemblée se réunit une fois par an.
1035 :
Les Féroé, en relation permanente avec les autres terres nordiques,
tombent sous la dépendance norvégienne,
ce qui entraîne parallèlement l'introduction du catholicisme.
1100 :
Evêché fondé à Kirkjubøur.
La période pendant laquelle l'archipel fut un Etat libre ne
dura guère que jusqu'au début du XIe siècle,
lorsque les Féroé devinrent un district norvégien et que le
christianisme y fut introduit.
1135 :
Les habitants des Féroé furent soumis à l'impôt norvégien.
1269 :
L'évêque Erlend est nommé à la tête de l'épiscopat des Féroé. Il entreprend la construction d'une cathédrale gothique à Kirkjubøur, qui ne sera jamais achevée.
1271 :
Les Féroïens sont assujettis à la législation du Gulating (Parlement) norvégien.
Le Alting féroïen fut alors remplacé par une assemblée territoriale,
le Lagting (aujourd'hui le Løgting) de 36 membres et après cette date,
cet organe fonctionna essentiellement comme un tribunal.
1298 :
Législation sur l'agriculture (Seyoabraevið). C'est la première trace écrite de la langue propre aux Féringiens.
1350 :
épidémie de peste.
1380 :
Les Îles Féroé sont réunies au Danemark (union de Kalmar).
Une union monarchique fut instaurée entre le Danemark et la Norvège.
Les relations commerciales que les Féroé, au début, entretenaient surtout avec la ville de Bergen,
se reportèrent graduellement sur Copenhague.
1523
Fin de l'union avec la Suède.
1536-50 :
Réforme ; luthéranisme religion d'Etat.
Cela se manifeste par une traduction de la Bible en danois. La langue danoise est imposée aux insulaires.
Le roi ayant confisqué les biens de l'Eglise se trouva en possession
de la moitié environ des terres de Féroé ; il les alloue à des fermiers royaux.
Le Løgting perdit peu à peu son importance.
1557 :
L'évêché de Kirkjubøur est supprimé.
XVIIe siècle
Brutalité du gouverneur danois Gabel. Péjoration climatique.
1709-1856 :
Le roi du Danemark prit le contrôle du commerce de l'archipel qui devint un monopole du commerce royal.
1807-14 :
Les Îles Féroé sont occupées par l'Angleterre.
L'unification du Danemark et de la Norvège (union de Kamar), fin XIVe siècle,
fit entrer les îles Féroé dans le royaume danois et en 1814,
lorsque les destins du Danemark et de la Norvège se séparèrent à
nouveau, les îles Féroé demeurèrent partie intégrante du royaume danois.
Deux années plus tard, elles recevaient le statut de
département et c'est en 1821 que fut nommé le premier préfet pour
gouverner l'archipel.
1830 :
Le monopole est confié à Nólsoyar Páll, un Féringien, et les règles de commerce s'assouplissent.
1846 :
Langue écrite élaborée.
La Constitution danoise de 1849 entra aussi en vigueur dans les
îles Féroé qui firent ainsi partie intégrante du nouveau
régime démocratique,
avec une représentation dans les
deux chambres du parlement (Rigsdag).
1852 :
L'archipel fut doté d'un conseil départemental élu par le peuple qui reprit l'ancienne appellation de Løgting.
1856 :
Suppression du monopole royal du commerce.
Il en résulte une ouverture des Féroé aux marchands étrangers.
Danois et Allemands créent des réseaux de commercialisation de poisson
salé et séché donnant ainsi une grande impulsion à la pêche.
Cette nouvelle activité provoque les premières grandes divergences
entre les Féringiens et l'Etat danois qui autorisait les
pêcheurs britanniques à pratiquer leur activité jusqu'à 3 miles des côtes des Féroé.
Le débat politique repose alors sur l'attitude à avoir à l'égard
du Danemark et contribue à l'apparition d'une opinion publique.
Instaurée dans les îles Féroé en 1856, la liberté du commerce a
remplacé le monopole commercial royal qui datait de 1709.
Cette mesure marqua un pas décisif dans l'évolution
turbulente qui transforma la société agricole féroïenne,
en un laps de temps remarquablement court, en une
nation de pêcheurs modernes et ouvrit les îles Féroé au monde extérieur.
Les bouleversements culturels entraînés par ce développement
donnèrent également le branle à un mouvement national qui commença en 1889,
par la création de la société Føringafelag, dont le modèle
était l'association estudiantine
formée à Copenhague huit ans
auparavant par les étudiants féroïens.
La Føringafelag considérait que sa mission principale était de
protéger la langue féroïenne,
soumise à de fortes influences
extérieures, et d'amener les Féroïens à l'indépendance économique.
Les dirigeants de ce mouvement national furent Rasmus Effersøe
(1857-1916) et Jóannes Patursson (1866-1946).

